Visiter le sud de Madagascar

Voyage au coeur de Madagascar

Madagascar, ma dernière destination en Afrique australe  

Après l’Afrique du sud, la Namibie, la Tanzanie/Zanzibar et le Mozambique, me voici arrivée à Madagascar, la 5ème plus grande île du monde, baignée dans l’océan indien entre l’Equateur et le tropique du Capricorne. L’île est aussi grande que la France et la Belgique réunies ! Impossible de tout voir en trois semaines sur place, dont quelques jours à Nosy Be. 

J’ai choisi pour commencer de longer la Route Nationale 7 qui relie sur 1 000 kilomètres Tananarive la capitale à Tuléar dans le sud-ouest de Madagascar. Je m’arrêterai pour ma part à Ihosy à environ 750 kms de Tana. Mon objectif était de découvrir le coeur de Madagascar, hors des zones touristiques, de découvrir les paysages vraiment uniques des « Hautes Terres » et de rencontrer des agriculteurs soutenus par l’Association Slow-Food.

Je n’aurai pu faire ce parcours sans Lanto, mon chauffeur et guide qui m’a épargné les ennuis et risques d’une conduite seule. Pas évident de circuler à Madagascar ! Entre le mauvais état des routes et des pistes, les accrochages fréquents entre les véhicules, la population omni-présente sur les routes, les animaux en liberté… cela représente beaucoup de stress. S’ajoutent à cela les vols à l’arraché dans la voiture lorsque la fenêtre est ouverte (c’est du vécu…), un système d’arnaque à l’accident provoqué et les bakchichs aux postes de douanes…

Autre avantage non négligeable de se déplacer avec un chauffeur local, c’est de pouvoir franchir la barrière de la langue. Madagascar ayant été un territoire français, je pensais qu’il serait simple de communiquer. Ça l’est dans les zones touristiques, mais pas dans le reste du pays où la langue Malagasy (langue malgache) est majoritairement parlée.

C’est donc l’esprit tranquille à ma place de passagère que je suis partie à la découverte de Madagascar !

J’ai rapidement quitté Tananarive pour découvrir le centre et le sud de Madagascar 

Tananarive n’est pas une ville où j’ai eu envie de rester longtemps, bien que séjournant dans le très agréable hôtel Sakamanga. Je ne me suis pas sentie en sécurité, dans cette ville enveloppée de nuages de pollution lorsque le vent souffle dans sa direction. L’île de Madagascar est réputée pour son insécurité et cela se ressent fortement à Tananarive pour une vazaha qui essaye de se balader seule dans la ville. Qu’est-ce que qu’une vazaha ? Ce terme désigne les personnes étrangères blanches de peau qui, aux yeux des locaux, sont symbole de richesse et porteuse d’un passé historique douloureux. Difficile de faire un pas sans être abordée par des mamans avec des enfants dans les bras, des groupes d’enfants ou d’adolescents plus ou moins agressifs. Chacun demande de l’argent ou a quelque chose à vendre, provoquant mon retour précipité à l’hôtel sans avoir eu le temps de visiter la ville.  

Mon chauffeur m’a fait visiter le lendemain de mon arrivée les quartiers principaux de Tananarive. La ville est divisée en deux : la ville haute, plus riche, où se trouvent les hôtels et restaurants pour occidentaux et la ville basse avec ses marchés, ses maisons de tôle et une circulation intensive. La ville haute et le quartier du château de la Reine dominent bien entendu les quartiers pauvres. Nous sommes dimanche, et Lanto me propose de rencontrer le Père Pedro à l’issue de la messe à Akamasoa dans la banlieue de Tananarive. Je parle de ma rencontre avec cet homme hors du commun dans cet article que je lui ai consacré.  Prenez le temps de découvrir son action et vous comprendrez le choc émotionnel et culturel qui m’a envahie durant mon séjour à Madagascar. 

Après cette rencontre, nous avons pris la direction de la ville d’Antsirabe qui ouvre les portes du sud de l’île.

Sur la route qui mène de Tananarive à Antisrabe, je découvre la pauvreté et les difficultés de vie de la population malgache

Je n’imaginais pas qu’un pays qui était une colonie de la France jusqu’en 1960 soit dans un tel état de dénuement.

La présence française avait apporté au pays des infrastructures scolaires, hospitalières, des routes… Mais depuis son indépendance, Madagascar subit des crises politiques à répétition, dont la dernière en 2009 a considérablement ralenti la croissance économique. Les inégalités sociales y sont très marquées et plus de 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté situé à 2 $ par jour (1,80 €). Que ce soit à la capitale ou dans les campagnes, la misère est omniprésente et le chômage écrasant.

La corruption est partout et l’argent, d’où qu’il vienne, ne profite ni au pays, ni aux gens dans le besoin. Je découvre une population qui vit isolée du monde, abandonnée par ses dirigeants et en dehors du temps, sans eau courante, sans électricité pour la plupart, sans medias d’information, sans soins médicaux et sans éducation pour les enfants qui sont pour la plupart déscolarisés pour aider financièrement leurs familles en travaillant.

J’ai été furieuse et si triste de voir ces jeunes enfants sur les chantiers de briquetteries porter toute la journée des colonnes de briques sur la tête et vivre dans la poussière et la pollution, sans masque ou aucune autre protection pour protéger leurs poumons. L’image de ces enfants qui m’offraient leurs plus beaux sourires ne me quittera plus. Quel avenir s’offre à eux ? Et, combien de générations vont être ainsi sacrifiées ?

Madagascar est souvent surnommée « la grande île rouge » à cause de ses sols gorgés de latérite, et c’est vrai que c’est un spectacle surprenant. Au fil des kilomètres, le charme de  cet environnement naturel que je n’avais jamais vu nulle part ailleurs a opéré et je me suis laissée envoûter par la force de la nature et ses couleurs uniques.

Sur le rouge de la terre des collines se détachent les maisons hautes et étroites construites en pisé qui semblent être posées là comme des briques de lego, et dans les rizières au vert éclatant, j’admire le dur travail des femmes courbées en deux pour replanter le riz. 

Me voici enfin arrivée dans la ville d’Antsirabe après quatre heures de trajet

La route est relativement bonne, mais c’est une route de montagne qui traverse de nombreux villages, ce qui impose de nombreux ralentissements. C’est la troisième grande ville de Madagascar perchée à 1500 m d’altitude et située dans un très bel environnement de massifs volcaniques et de lacs.  Antsirabe est une destination appréciée pour son climat agréable, son absence de pollution et sa relative fraîcheur.

Antsirabé, aussi appelée « la ville d’eau » est réputée pour sa station thermale, ses sources d’eaux chaudes et les geysers qui fourmillent dans cette région volcanique. Les touristes y viennent pour faire une cure et apprécier des bains aux nombreuses vertus thérapeutiques.

Mais la ville a aussi d’autres atouts économiques, comme la production de textile, de tabac ou encore les produits agricoles, essentiellement des légumes et des céréales. Enfin, il existe à Antsirabe une tradition de l’artisanat local et plusieurs ateliers ou l’on peut observer le travail minutieux des artisans.

Certains fabriquent des objets à base de corne de Zébu comme des cuillères, des ustensiles de cuisines, mais aussi des bijoux. D’autres proposent des articles fabriqués à partir d’objets recyclés comme des boîtes de conserve, pour fabriquer des petites voitures ou des vélos miniatures. Les femmes quant à elles sont spécialisées dans la broderie de pièces de tissu de toutes tailles.

Depuis 1896, année où l’île est devenue colonie française, les colons Français sont venus s’installer dans la ville où ils ont bâti de nombreux édifices et installé des hôtels, une poste, une gare, une cathédrale… L’Hôtel des Thermes à l’architecture aux lignes européennes est l’un des bâtiments symboliques d’Antsirabe. On ressent toujours en se baladant dans la ville une forte emprise coloniale à travers les vestiges de son architecture.  

Dès que nous sommes entrés dans la ville, j’ai été surprise par le moyen de transport local le plus utilisé. Il s’agit de pousse-pousse multicolores tractés par des hommes, qui courent dans des conditions difficiles, bien souvent pieds nus. J’ai du mal à voir ce moyen de transport inhumain et d’un autre temps, mais ces hommes n’ont guère d’autres moyens de gagner leur « survie ».

Deuxième grande étape à Fianarantsoa dans le pays du peuple Betsileo

Après avoir fait plusieurs arrêts sur les marchés et rencontré des agriculteurs dans les villages environnants, j’arrive à Fiananratsoa, située à 400 kilomètres de la capitale. La ville a pendant longtemps été la « ville de l’instruction et de l’éducation « , mais elle est aussi célèbre aujourd’hui pour la qualité de sa production viticole, ses plantations de thé et sa gastronomie. C’est aussi la capitale du peuple Betsileo, ces populations qui occupent la partie sud des terres centrales de Madagascar. Ce sont des cultivateurs de riz, mais aussi de grands éleveurs de zébus qui tiennent une place prépondérante dans leur vie et sont symboles de leur rang social.  

La ville de Fiananratsoa est divisée en trois parties. La ville  » basse  » qui est un quartier populaire très animé où se trouvent de nombreux commerces, la ville  » moyenne « , beaucoup plus moderne avec des bâtiments administratifs, et  enfin, la ville  » haute « , vestige de l’histoire du 19e siècle, siège des édifices religieux en tout genre, et notamment de la célèbre cathédrale appelée « le Vatican de Fianarantsoa ».

J’ai fini ma journée à Fianarantsoa dans la boutique du célèbre photographe Pierrot Men où je suis restée « scotchée » un long moment devant les cartes postales qu’il tire de ses photos en noir et blanc. Un de ses fils m’a alors proposé de rencontrer Pierrot Men dans son atelier situé dans l’arrière-boutique. Il m’a reçue avec une grande gentillesse et une grande simplicité et a commenté quelques-unes de ses photos dans lesquelles il a si bien capté le quotidien de la population malgache. Chaque photo raconte une histoire à travers le regard des gens.  Il m’a expliqué, comme le Père Pedro précédemment, comment en 50 ans d’indépendance, la pauvreté s’était installée dans le pays et parle avec passion de la fierté, du courage et de la dignité du peuple malgache. Hasard du calendrier, il me dit qu’il expose quelques mois plus tard dans ma ville, à Nantes.

Entre les hauts plateaux et le sud de Madagascar, à 56 kms de Fianarantsoa se trouve la jolie ville d’Ambalavao. 

Ambalavao est réputée pour la beauté de ses maisons colorées et l’importance de son marché du mercredi où tout se vend et tout s’achète. Cette marée humaine colorée qui fait plusieurs dizaines de kilomètres à pied pour se rendre au marché, des sacs sur la tête, est réellement impressionnante.

Ambalavao, c’est aussi et surtout le 2ème plus grand marché de zébus de Madagascar. Symbole de la richesse d’une famille, l’animal est l’objet de nombreuses convoitises. Pour info, un zébu coûte l’équivalent d’une année de revenus pour un paysan malgache. Le zébu est omniprésent dans le paysage malgache, utilisé dans les champs comme bête de trait, dans les villages pour tirer les charrettes, sur les billets de la monnaie nationale, l’ariary, mais c’est aussi l’élément central du Romazava, le plat national qui ressemble à un pot au feu réalisé à partir de viande de zébus, de brèdes, et accompagné de riz. Les brèdes sont des feuilles comestibles qui proviennent de plantes comme le cresson, la citrouille, la patate douce, le manioc, les radis, les carottes ou les blettes.

Partout, des paysages somptueux et des sourires généreux !

Prochaine étape, le parc national des forêts primaires de Ranomafana pour aller observer les lémuriens !

Infos pratiques

 

> Quand partir à Madagascar ?

Le climat de Madagascar est un climat tropical. L’hiver est froid et sec tandis que l’été est chaud et humide.

Même s’il est possible de partir à Madagascar toute l’année, la meilleure période pour parcourir l’ensemble du territoire malgache est sans aucun doute la saison sèche, qui s’étale d’avril à septembre. Vous bénéficierez ainsi de températures agréables et d’un temps relativement sec sur la plus grande partie du pays.

 

> Santé et vaccins

Les vaccins obligatoires. 

Il n’y  a pas de vaccins obligatoires pour entrer sur le territoire malgache. La vaccination contre la fièvre jaune n’est pas obligatoire sauf si vous n’avez jamais été vaccinés et que vous avez effectué un séjour préalable ou transité plus de 12 heures dans les pays d’Afrique ou d’Amérique du Sud où la fièvre jaune est endémique.

Les vaccins conseillés. Pour les autres vaccinations, il est recommandé d’être immunisé contre :

  • Les hépatites virales A et B
  • La typhoïde et la rage pour les voyages plus longs et reculés, et surtout pour les enfants.
  • La mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite 

Prévoir un traitement antipaludéen. 

Le paludisme est très présent à Madagascar. Les risques de contamination varient en fonction de la zone géographique et de la saison. Madagascar est classée en zone 3. Il est important de se protéger des moustiques par des mesures simples et efficaces : répulsifs, vêtements couvrants, surtout au crépuscule, et utilisation de moustiquaires imprégnées. À ces mesures doit s’ajouter un traitement médicamenteux adapté à chacun. Il convient de s’adresser à son médecin habituel ou à un centre de conseils aux voyageurs. 

 

L’eau n’est pas potable.

Donc ne pas boire l’eau du robinet et éviter les crudités. Préférer les légumes bouillis. 

 

 

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