Birmanie

Une vie intense sur le lac Inle

Avant de me rendre au lac Inle, je dois faire un arrêt forcé à Kalaw… 

J’ai quitté Bagan avec l’intention de faire le trek de deux jours entre Kalaw et Inle, mais après 7 heures de bus, un mal de dos violent et persistant me suggère plutôt de faire une pause-cocooning dans la guesthouse Thitaw Two dans la jolie station climatique de Kalaw.

Cela fait cinq mois que je voyage en solo, et j’ai besoin de repos ! Cette pause improvisée va m’imposer de changer mes plans et de chercher une autre solution pour parvenir au lac Inle… 

Alors, comment me rendre au lac Inle ?

Il existe trois possibilités pour se rendre de Kalaw à Inle : le trek de deux jours (auquel je renonce), le train ou le bus.

Je décide de prendre le train qui fait le trajet en 5 heures.

Les conditions sont très rudimentaires, même en classe supérieure, mais j’ai très envie de partager ce trajet avec la population locale et de profiter de la vue sur la campagne birmane. Je suis très excitée à l’idée de prendre le train et j’arrive bien en avance à la gare ! 

Tout le monde attend le train qui arrive avec 40 minutes de retard.

De nombreuses vendeuses de fruits et légumes attendent sur le quai cet arrêt pour vendre leur production aux voyageurs.

Après un quart d’heure de flou artistique où les gens descendaient tous du train, j’apprends qu’il ne repartira pas en raison de problèmes mécaniques… La population est habituée et reste sereine. J’essaye donc de les imiter et de garder le sourire malgré ma déception, mon sac lourd et mon mal de dos. Je me demande quand même quand et comment je vais rejoindre Inle !

Qualité n° 1 de la voyageuse… savoir patienter et s’adapter. 

Heureusement, le personnel de la gare est particulièrement bienveillant avec les touristes comme un panneau sur les murs de la gare le préconise, et m’accompagne jusqu’à la station de bus.

Après 4 heures de route dans le bus avec le son de la télé à fond dans les hauts-parleurs, j‘arrive enfin à Inle dans la soirée !

Me voici enfin arrivée au bord du célèbre lac d’Inle !

Toute l’activité du village tourne autour de son célèbre lac. Le lac Inle est un lac d’eau douce, de faible profondeur, situé à 884 mètres d’altitude dans l’est du pays dans un magnifique environnement de montagnes. 

Je suis descendue dans la petite guesthouse Little Inn Nam Kham. La guesthouse est très simple, mais très conviviale avec un personnel accueillant ! Tous les hôtels et de nombreuses agences proposent des tours sur le lac mais vous pouvez aussi vous rendre directement aux embarcadères pour négocier votre bateau et le tour que vous voulez faire (avec ou sans arrêts dans des fabriques artisanales par exemple…)

Je pars en début de matinée à la découverte du lac sur une pirogue dont le moteur est un peu trop bruyant pour un lieu idyllique comme celui-ci… Les pêcheurs du peuple Intha qui vivent traditionnellement sur le lac Inle dans des maisons sur pilotis, dans des villages flottants ou sur les rivages subissent les pollutions sonores et environnementales de ce tourisme aquatique.

Cela me fait beaucoup penser à la vie sur le lac Tonle Sap au Cambodge. 

Les pêcheurs du lac Inle sont connus pour leur façon très particulière de pêcher.

Ils rament debout à l’avant de la barque, en équilibre sur une jambe et l’autre enroulée autour de la godille. Cela leur permet d’avoir une meilleure visibilité de haut sur les poissons cachés sous les plantes qui couvrent une grande partie du lac. D’autres pêcheurs tapent à la surface de l’eau avec leur rame pour rabattre le poisson vers une cage en bambou. Les poissons les plus pêchés dans le lac sont la carpe et le tilapia, une des bases de l’alimentation locale. 

Quelques pêcheurs locaux ont compris l’intérêt des touristes pour la photogénie de leur technique unique de pêche et posent à la demande, moyennant finances. Même si c’est tentant, je me refuse à encourager ces artifices pour faire de belles photos !

Le lac Inle est bien sûr un lieu de pêche, mais aussi un lieu de cultures agricoles

Légumes et fruits sont produits en abondance sur des jardins flottants. Ces jardins ont un sol constitué par un entrelacement de racines extraites du lac qui sont rassemblées en nappes serrées, puis sont ancrées par des piquets de bambous. Ces jardins montent et descendent avec le niveau de l’eau, ce qui leur permet de résister aux inondations. Le riz est aussi cultivé sur les berges extrêmement fertiles, grâce à l’eau chargée de nutriments. Très ingénieux et très productif !

On retrouve les fruits et légumes ainsi produits sur les différents marchés itinérants qui se déroulent sur le lac. J‘ai visité ce qui s’appelle « le marché des cinq jours » dans le village de Nam Pan. C’est un marché itinérant qui se déplace dans cinq lieux différents sur cinq jours. Il faut se renseigner pour savoir où le trouver lorsque vous serez sur place. Il est composé de deux parties distinctes : la première consacrée à un pseudo-artisanat à proximité des pontons où débarquent les touristes et la seconde partie qui est un vrai marché alimentaire local et un lieu de rendez-vous des minorités autour du lac.

A voir absolument !

Je découvre une vraie vie de village à Indein autour de la pagode Hpaung Daw U

Je ne soupçonnais pas en navigant sur cet immense lac qu’il y avait une vie aussi intense sur ses canaux et ses rives. Je poursuis donc ma découverte des lieux en glissant sur un canal qui pénètre dans la campagne et me permet d’arriver au village d’Indein et de ses centaines de stupas. C’est une vision étonnante de découvrir les stupas dorés de la pagode Hpaung Daw U au détour d’un canal dans cet endroit aquatique. 

Ici, se déroule une vraie vie de village… J’assiste avec bonheur à la sortie des enfants de l’école, en uniforme identique pour garçons et filles avec un pantalon ou longy vert, une chemise blanche, un sac en bandoulière et le lunch-box pour le déjeuner. A l’heure où le soleil se couche, les transports en commun sont bien organisés. Les enfants rentrent de l’école en pirogue, et certains d’entre eux sont à la manoeuvre dans des canaux bien embouteillés… Je complète ma balade sur le lac par une visite de la pagode Phaung Daw Oo qui abrite cinq petites statues de Bouddha recouvertes de multiples couches de feuilles d’or.

Il est interdit aux femmes d’accéder à l’estrade où elles se trouvent, mais il ne leur est pas interdit de faire un don… 

Enfin, dernière visite sur le lac au monastère Nga Hpe Chaung, connu sous le nom de monastère des chats sauteurs. Autrefois les moines avaient dressé des chats à sauter dans un petit cerceau. Les chats sont là, mais je n’en n’ai vu aucun sauter…

Fin de journée sur le lac Inle que je quitte à regret. Je pourrais rester des heures à admirer le travail des pêcheurs au coucher du soleil !

Je termine mon séjour à Inle en beauté par un cours de cuisine locale !

Je termine mon séjour enchanté au bord du lac le lendemain par la découverte de la cuisine locale dans la maison de Sue et Sisley, qui donnent leurs cours dans les cuisines de Bamboo Delight.

Une bonne ambiance, de belles rencontres et la découverte de la culture birmane. Pour saliver un peu plus, c’est ici A suivre, après ce reportage sur Inle, mes prochaines aventures dans le sud-est du pays, à Bago, au Rocher d’Or, à Mawlamyain et Hpa An…

Infos pratiques

 

Comment arriver au Lac Inle ?

 

Au départ de Rangoon :

  • En train, le voyage est long, lent et inconfortable. Si vous avez envie de circuler en train, privilégiez la section Kalaw-Lac Inle, c’est déjà un trajet typique de 5 heures, quand il n’est pas en panne comme le jour où j’ai voulu le prendre…
  • En bus, c’est la meilleure façon de voyager. Pour 18$, vous pourrez voyager de façon confortable pendant la nuit durant 10 heures, avec quelques arrêts dîner/toilettes sur le chemin.
  • En avion, le moyen le plus onéreux, avec des vols quotidiens entre Rangoon et Heho, l’aéroport local du Lac Inle. La durée du vol est d’environ 1 heure et demi, mais il ne faut pas oublier de prendre en compte les délais avant-après lorsque l’on prend un avion, précédés et suivis d’un trajet en taxi pour arriver à votre hôtel. 

 Au départ de Bagan : Distance d’environ 350 km. Compter entre 8 à 10 heures par un bus local ou un “bus touristiques VIP” que vous pouvez prendre de jour ou de nuit. Vous pouvez également opter de prendre l’avion depuis l’aéroport Nyaung U à Bagan jusqu’à l’aéroport Heho qui dessert le Lac Inle.

 

Au départ de Kalaw : Kalaw est une destination de randonnée, et vous pouvez entreprendre un trek de 2 ou 3 jours de Kalaw au Lac Inle. Il y a aussi un bus pour vous y rendre, ce qui prend environ quatre heures, ou un train lent d’une durée approximative de cinq heures.

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