Corée du sud

Gyeongju – visite d’un haut lieu culturel coréen

Après un séjour très diversifié à Seoul, direction la région de Gyeongju dans le sud de la Corée.

Petit moment de panique dans la gare face aux panneaux indicateurs en coréen avant de voir les traductions en anglais… Le trajet est en fait très facile à réaliser avec le train direct KTX (équivalent de notre TGV) qui dessert en 2 heures la gare de Singyeongju (Sin signifie gare) depuis Seoul ! La gare est située à l’extérieur de Gyeongju, mais de nombreux bus assurent le transfert entre cette nouvelle gare et le terminal de bus express (Gosok Teomineol) dans le centre-ville en un quart d’heure.

Dans le train, regardez la télé ! Des informations en anglais interrompent les séries qui passent sur les écrans pour vous informer de votre arrivée à la gare.

Avant de quitter la gare, je vous conseille d’aller faire un tour à l’un des deux points d’information touristique situés à la sortie de la gare ferroviaire et en face de l’Express Bus Terminal. Demandez-y un plan de la ville et de la région, la « Tourist Map of Gyeongju« , particulièrement bien faite avec des plans, des itinéraires à vélo et d’autres infos pratiques.

Première direction, mon hébergement dans un hanok dans lequel je vais renouveler l’expérience des maisons coréennes traditionnelles découverte à Seoul. Confort très sommaire, système de chauffage au sol « ondol » ingénieux et cuisine commune à disposition.

Je n’avais jamais entendu parler de la ville de Gyeongju avant mon séjour en Corée et pourtant, c’est l’une des trois destinations touristiques les plus fréquentées du pays. Près de 8 à 9 millions de touristes viennent chaque année faire un voyage dans le temps pour découvrir les nombreux monuments et reliques datant de l’ancien royaume du Silla unifié.

C’est l’un des sites archéologiques les plus riches d’Asie qui compte aujourd’hui 4 sites inscrits au patrimoine mondial. Cela m’a un peu fait penser au site de la ville de Hué au Vietnam avec ses mausolées impériaux.

Gyeongju a été la riche capitale riche du royaume de Silla qui contrôlait une grande partie de la Corée actuelle du VIIème au XIVème siècle. Pour vous donner une idée de l’importance de la ville, Gyeongju qui compte actuellement 300 000 habitants en comptait alors 1 million ! La ville a atteint son apogée en 668 quand Silla unifia le pays. L’aristocratie y menait une vie raffinée qui donna lieu à des révoltes qui ont eu raison de ce royaume en 935, année de l’abdication du dernier roi.

Lorsque le roi Taejo, fondateur de la nouvelle dynastie Goryeo, décida de déplacer la capitale à Gaeseong, Gyeongju sombra peu à peu dans l’oubli. Devenue capitale provinciale sous son nom actuel, Gyeongju est alors abandonnée par l’aristocratie qui se rallie au nouveau pouvoir. Les palais et les temples tombent en ruine et les invasions et pillages successifs achèvent d’ôter à Geumseong les restes de son ancienne gloire.

C’est au XXe siècle que les Coréens redécouvriront les trésors de Gyeongju. Je ne vais pas vous en faire un descriptif exhaustif, il est très bien fait sur le site de l’Office National de Tourisme Coréen en France. Je préfère vous mettre dans l’ambiance du site et vous en donner un avant-goût…

 

Mon circuit sur le site

Les sites à visiter sont nombreux et assez éloignés les uns des autres. En deux jours, j’ai vu l’essentiel de la région, mais n’ai pas pu visiter l’ensemble des vestiges de Gyongju en raison de mauvaises conditions météo la deuxième journée en cette fin mars.

  • Le Musée National de Gyeongju

Je commence ma découverte du site par le Musée National de Gyeongju. Il est constitué de quatre grands bâtiments et possède environ 100 000 objets dont 3 000 sont exposés. La plupart des objets exposés ont été découverts lors des fouilles des tombes, mais certains viennent aussi des sites de temples.

On y voit des bijoux royaux, des objets bouddhiques, des reliquaires mais aussi des maquettes, des plans et des videos à visée pédagogique. A l’extérieur dans la cour, se trouvent des reproductions des stupas de Bulguksa et la plus grande cloche de Corée qui mesure plus de 3 m de haut et pèse 23 tonnes.

J’ai trouvé intéressant de commencer la visite du site par la visite du musée. Cela permet vraiment de mieux comprendre ce que l’on va voir ensuite, et notamment la construction des tombeaux qui se cachent dessous les tumuli. En revanche, je me suis sentie un peu découragée face à la complexité des noms coréens, par la succession de rois dans le royaume de Silla, par les détails architecturaux précis des différents monuments et temples et par le classement de chaque relique dans la liste des trésors culturels coréens qui contient 319 entrées distinctes….

  • Le parc Daerungwon et ses Tumuli

lui a été Suite de ma visite par une balade dans le joli parc arboré de Daerungwon entre des dizaines de petites collines vertes. Un paysage empli de poésie rythmé par des étangs, des petits ponts, des bambous… J’y suis fin mars. L’herbe qui recouvre les tumuli a des couleurs un peu tristes, mais les pruniers, les magnolias et les cerisiers sont en fleurs. Un vrai bonheur !

Les tumuli signalent l’emplacement des tombeaux des rois et des nobles du royaume de Silla. Les corps des défunts étaient enterrés dans un coffre en bois avec leurs trésors, leurs bijoux et des offrandes, puis emmurés sous terre. À la surface, on construisait une sorte de colline constituée de pierres et de terre, la taille symbolisant l’importance du défunt. Les tombes ressemblent ainsi à de petites collines de 10 m à 50 m de diamètre, sur 20 m de haut en moyenne.

  • L’Observatoire Cheomseongdae

  • Le village Gyochon

Le village de Gyochon est un village traditionnel constitué de hanoks, les maisons traditionnelles coréennes. Le village abrite notamment la maison Choe, classée 27ème trésor du patrimoine folklorique en Corée.

Cette maison abrite les descendants de la célèbre famille Choe dont la longue lignée remonte au 16e siècle. Ce clan est connu pour avoir appliqué les préceptes des lettrés Seonbi, c’est à dire qu’il respectait un code de conduite strict, guidé par la philosophie néoconfucéenne. Ils avaient le devoir moral de vivre leur vie dans la modestie et l’apprentissage perpétuel afin d’atteindre la perfection. Le but du seonbi était de réaliser la justice sociale, de servir la population de manière désintéressée et de concourir au bien-être de la population locale.

Le village est devenu un site touristique avec des cafés, des restaurants et des boutiques qui proposent diverses activités culturelles et artisanales pour les visiteurs. Une des spécialités du village est la fabrique d’un alcool fait à base de riz gluant, le « beopju », classée trésor immatériel en Corée. Bien que touristique, l’endroit est empli de sérénité.

 

  • Le temple de Bulguska et la grotte de Seokguram

Le Temple Bulguksa et la Grotte de Seokguram forment un ensemble d’architecture religieuse d’une valeur exceptionnelle classés au Patrimoine Culturel Mondial de l’UNESCO en 1995. 

Le Temple Bulguksa est considéré comme une pièce majeure dans le patrimoine bouddhiste de la Corée du Sud. C’est un ensemble initialement construit pendant la période du Silla en 774, durant la dynastie Silla.

Il comprend une série de superbes bâtiments de bois peints construits sur des terrasses de pierre surélevées. Son enceinte est divisée en trois parties – Birojeon (le hall du Bouddha Vairocana), Daeungjeon (le hall du grand éveil) et Geungnakjeon (le hall du bonheur suprême). Ces zones et les terrasses en pierre ont été conçues pour représenter le pays du Bouddha.

L’ensemble architectural est situé dans un parc très agréable où l’on accède après une belle marche sur une route sinueuse à travers une forêt de pins et d’érables bordée de lanternes de toutes les couleurs. 

La grotte de Seokguram

La Grotte de Seokguram, aménagée au VIIIè siècle sur les pentes du mont Tohamsan est une grotte artificielle construite en granit comprenant une antichambre, un couloir et une rotonde principale. Elle dépeint l’éveil du Bouddha et abrite une statue monumentale du Bouddha Sakyamuni regardant la mer. Les statues, et les bas-reliefs sur les murs qui les entourent sont considérées comme des chefs-d’œuvre de l’art bouddhiste d’Extrême-Orient. La construction du plafond en forme de dôme de la rotonde et du couloir a fait appel à une technique novatrice qui a impliqué l’emploi de plus de 360 dalles de pierre. Les pluies acides, la pollution, les brouillards salés provenant de la mer du Japon et l’apparition de mousse à la surface des pierres menacent la construction. Une cloison de verre a été dressée pour protéger la grotte des visiteurs et des changements de température.

 

  • Le palais Donggung et l’étang Anapji

C’est l’un des sites les plus romantiques de la ville de Gyeongju. Il est recommandé de le visiter en fin d’après-midi lorsque les illuminations éclairent le palais Donggung et l’étang Anapji et lui donnent un air féerique. La photo empruntée au site Korea Tourism Organisation en témoigne… J’y étais en fin d’après-midi mais n’ai pas pu attendre que le site soit éclairé, car il a commencé à tomber des cordes… 

Ce palais entouré de son étang était le site où avaient lieu les fêtes et réjouissances de la cour de Silla en été. Construit en 674 par le roi Munmu pour commémorer l’unification du pays, le bassin comportait 3 îles et 12 « montagnes » censées représenter les îles du paradis taoïste.

Gyeongju est la ville des rois et de la bonne cuisine coréenne. Les tables coréennes sont impressionnantes ! Tous les plats et accompagnements se partagent sur la table dans lesquels les convives piquent selon leur envie.

La propriétaire de ma guesthouse m’a conseillé d’aller déguster un Bibimbap (bibim signifie « mélange » et bap « riz cuit ». C’est un plat très populaire composé de riz servi dans un grand bol entouré de viande de boeuf, de légumes sautés ou blanchis et d’un œuf sur le plat, le tout relevé par de la pâte de piment coréenne fermentée le kochujang servi généralement séparément.

J’ai vraiment apprécié ce plat simple servi avec de multiples banchan (petits plats qui accompagnent le riz) et le tout accompagné d’une bière coréenne Hite !

Infos pratiques et liens utiles

 

Comment et quand aller à Gyeongju ?

 

En train KTX : Le trajet Seoul-Singyeongju en KTX coûte 44.700 Won (33 €) en seconde classe. Les billets peuvent s’acheter aux distributeurs automatiques de la gare qui fonctionnent en anglais et en coréen.

 

En bus : Le trajet dure 3h 30 du Seoul Express Bus Terminal (Dong Seoul) jusqu’au Gyeongju Express Bus Terminal. Plusieurs compagnies proposent ce service. Il coûte autour de 27 000 Won (20 €).

 

Météo : Le climat du pays présente quatre saisons bien différenciées.
En été, c’est la mousson. Il fait chaud et humide. En hiver, entre novembre et mars, il peut faire très froid.
Le printemps et l’’automne sont sans doute les plus belles saisons pour visiter la Corée du Sud, qui bénéficie alors d’un bel ensoleillement et de paysages superbes.

 

J’y étais fin mars. Météo très variable entre fraîcheur/soleil et grosses pluies.  En revanche, période idéale pour voir les arbres fruitiers en fleurs. Le Festival des cerisiers se déroule d’ailleurs la première semaine d’Avril.

 

Où dormir ? J’ai choisi de dormir dans un hanok traditionnel : Sodamjeong Hanok Guesthouse. Bien situé. Proche de la plupart des sites à visiter.

 

 

Où manger ? Bonne cuisine traditionnelle au Gyodong Ssambap, proche des tumuli et en bordure du quartier ancien de Gyeongju.

 

Aide à la visite : compte-tenu de l’importance du site, la ville met en place des circuits de visite (se renseigner auprès des offices de tourisme locaux).

Pour tous renseignements et infos supplémentaires, consulter le site de l’Office National de Tourisme Coréen en France

 

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