Namibie

HISA, Slow Food et les enfants de Katutura

Suite et fin de mon voyage en Namibie

Après avoir visité durant deux semaines la Namibie du nord, puis la Namibie du sud avec les guides de l’agence Wild dog Safaris, j’ai rencontré et donné un peu de mon temps à l’Association HISA (Hope Initiatives South-Africa & Namibia) qui intervient en partenariat avec l’association Slow Food, auprès des enfants et familles défavorisées à Katutura, le plus grand bidonville de Windhoek la capitale.

Plantons tout d’abord le sinistre décor ! 

Katutura est un immense bidonville aux portes de Windhoek, la capitale de la Namibie. 

Katutura signifie en swahili « le lieu où personne ne veut vivre » et l’on comprend vite pourquoi… En 1959, la politique de l’apartheid en Afrique du sud et la colonisation allemande en Namibie ont imposé que les habitants noirs soient concentrés à l’extérieur de la capitale. Aujourd’hui, plus de 180 000 personnes y vivent ou plutôt essayent d’y survivre…

Heureusement, l’association HISA y est présente

L’Association HISA (Hope Initiatives South-Africa & Namibia) a été créée par John Mafukidze et Patricia Sola son épouse en 2002.

Depuis, ils mettent tout en oeuvre dans leur centre d’accueil pour apporter aux femmes et aux enfants les plus démunis une bonne alimentation et une bonne éducation.

Ils ont développé dans leur centre d’accueil une école, un grand potager et un centre de formation pour les adultes.

Je suis entrée en relation avec eux grâce à l’association internationale Slow Food qui les soutient dans le cadre du projet 10 000 jardins potagers en Afrique.

Durant une semaine, j’ai partagé avec l’équipe le quotidien des habitants et des bénévoles de l’association, notamment en aidant les dames de la cantine à préparer les 120 plateaux-repas qui sont servis chaque jour dans la plus grande discipline à des petits ventres affamés.

Le déjeuner pris à l’école est souvent le seul repas de ces enfants pour la journée. Un déjeuner constitué essentiellement de riz, de légumes et de plantes qui proviennent exclusivement du potager de l’association.

Les enfants n’ont classe que le matin ou l’après-midi, de façon à ce que le plus grand nombre d’entre eux ait accès à l’éducation. Mais tous, se retrouvent à l’heure du déjeuner pour recevoir un repas équilibré, condition indispensable pour pouvoir apprendre. 

Il faut d’abord remplir les estomacs, avant de pouvoir remplir les cerveaux !

Qu’est-ce que je peux offrir aux enfants ?

Lorsque je demande à Patricia ce qui pourrait faire plaisir aux enfants, elle me répond sans hésiter  » des oranges  » !

Ces enfants manquent de vitamines, et c’est ce dont ils ont le plus besoin. Pas de gâteaux ou de friandises ! J’étais un peu frustrée par la modestie de mon cadeau et aurais aimé offrir davantage, mais aussitôt dit, aussitôt fait…

Nous partons acheter plusieurs filets de 5 kgs d’oranges pour les ajouter aux barquettes de repas des enfants. 

J’achète aussi quelques gâteaux pour les maitresses qui n’ont pas souvent l’occasion d’en manger…

Vous ne pouvez pas imaginer les yeux écarquillés, les cris de joie et le bonheur des enfants lorsqu’ils ont vu les quartiers d’orange sur leur plateau !

Et, comme c’est le dernier jour de classe, nous distribuons également un paquet de lessive à chaque enfant pour que les mamans puissent laver les vêtements pendant les quinze jours de vacances scolaires.

Des moments comme ceux-là vous ramènent vraiment à l’essentiel…

Un petit tour au potager s’impose avant d’aller manger !

Avant de passer à table, John et son équipe de bénévoles m’accompagnent dans le potager pour me montrer les miracles qu’ils réussissent à faire en produisant des légumes dans un sol aride avec si peu de terre et encore moins d’eau ! 

Grâce à un système de récupération des rares eaux de pluie, légumineuses, plantes et herbes sont cultivées dans toutes sortes de contenants… les pneus, les bouteilles en plastique ou sacs de semences vides.

Tout est bon pour produire de quoi nourrir 120 enfants toute l’année, puisque les enfants viennent recevoir leur unique repas quotidien à l’école, même pendant les vacances scolaires.

John et l’association HISA aident également des femmes qui accueillent des tout petits dans des kinder garten (jardins d’enfants) à créer leur propre potager totalement bio.

L’assocation Slow-Food est aussi aux côtés de ces femmes qui manquent cruellement de moyens et d’eau pour produire les quelques légumes qui viendront nourrir ces bébés et jeunes enfants. Elles ont notamment besoin de conseils pour éviter d’utiliser des pesticides ou des engrais chimiques qu’elles ne peuvent pas acheter et ne veulent pas utiliser.

J’ai visité deux jardins d’enfants à Katutura, et c’est extrêmement touchant de constater que même dans une grande détresse personnelle, ces femmes font le choix d’essayer de produire une alimentation saine pour les petits.

Et toi, t’habites où ?

Après le déjeuner, je fais le tour des classes avec les maîtresses. Les enfants sont curieux et excités , mais avant de me poser de nombreuses questions, ils m’offrent plusieurs chansons. Un moment de pur bonheur durant lequel j’avais du mal à dissimuler mon émotion.

J’offre à l’école un globe terrestre gonflable et montre aux enfants où se trouve la France et où se trouve la Namibie. Je leur raconte mon projet de voyage autour du monde et les pays que je prévois de visiter. Les enfants sont étonnés du nombre de pays sur le globe et posent de nombreuses questions sur la vie en France.

Les enseignantes quant à elles sont surprises qu’une femme de mon âge voyage seule. Elles m’envient et me racontent leur quotidien difficile et dépendant de leurs maris. Quand elles me demandent comment je finance mon voyage, je leur réponds que je touche une pension de retraite pour avoir travaillé pendant 42 années, que j’ai vendu mon appartement en France pour aller à la rencontre de mes « voisins du monde » et que depuis plusieurs années, je mets chaque jour 2 euros dans une tirelire.

Elles n’en reviennent pas que j’ai pû travailler aussi longtemps et certaines décident de faire elles-aussi une cagnotte pour se faire des petits plaisirs de temps en temps. Elles me disent en riant que le plus difficile sera de cacher la cagnotte du regard de leurs maris qui seraient tentés de l’utiliser pour aller boire…

Je n’en suis qu’au début de mon grand voyage, mais je ressens ici, comme lors de mon congé solidaire au Népal en 2013, le bonheur de me rendre un peu utile et de ne pas voyager de façon trop futile, uniquement en touriste-consommatrice.

Quel immense bonheur aussi de rencontrer des belles personnes comme John et Patricia qui consacrent tout leur temps avec les bénévoles de l’association HISA à améliorer les conditions de vie et donner un peu d’espoir à la population de ce lieu de désespoir.

2 Commentaires

  1. wilhelm van herrewege

    Bonjour, ayant des projets a moyen terme de m’installer en Namibie, j’aimerais voir avec eux comment je pourrais les aider (pas seulement en envoyant un chèque). Pourriez-vous me donner les coordonnées mail ainsi que les noms complets des créateurs ?

    par avance merci

    Réponse
    • Hélène

      Bonsoir et merci de l’intérêt que vous portez à l’association HISA (Hope Initiative South-Africa and Namibia Association). Patricia Sola est la créatrice de l’association qu’elle dirige avec son mari John Mafukidze. C’est une très belle association qui fait un travail incroyable auprès d’enfants et de femmes particulièrement défavorisés. Je n’ai pas leur mail, nous communiquions par Messenger et au téléphone lorsque j’étais en Namibie. Je vous conseille de prendre un premier contact avec Patricia en lui écrivant sur la page  » Become a volunteer  » https://hisanamibia.org/contact-us/
      Vous pouvez leur écrire de ma part (Hélène) et je vais de mon côté leur adresser un petit mot sur Messenger pour leur dire que vous êtes susceptibles de les contacter. J’espère que vous aurez le bonheur de leur apporter votre collaboration… Donnez-moi des nouvelles si vous y allez !

      Réponse

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