Equateur

Du cacaoyer à mon assiette, j’ai fait mon propre chocolat en Amazonie !

par | 2 Nov 2016 | Apprentissages, Equateur, Histoires de voyages | 0 commentaires

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Au cours de mon séjour dans une communauté quechua en Amazonie équatorienne, à 45 minutes de la ville portuaire de Tena, Marta, la mère de Juan le propriétaire du Sacha Sisa Lodge où je séjournais, m’a appris à faire du chocolat et de la chicha de yuca. Marta a le même âge que moi, mais onze enfants (dont deux décédés) et vingt-cinq petits-enfants ! Je suis une petite joueuse à côté d’elle… Et, en plus, elle possède une énergie très communicative.

Faire son propre chocolat à partir des fèves que l’on voit dans les arbres ? C’est super-tentant et super-simple quand c’est réalisé de façon artisanale au niveau familial ! Je vous en confie les différentes étapes en photos…

Mais d’abord, quelques mots sur l’histoire du chocolat… 

Le cacaoyer est un petit arbre fruitier qui ne pousse dans le monde qu’autour de l’équateur. Dans certains pays d’Afrique, en Indonésie, et bien sûr dans les pays de l’Amérique centrale et du Sud. Initialement, il était cultivé en Amérique du Sud et centrale, il y a plus de 3000 ans, par les Mayas et les Aztèques qui utilisaient les fèves comme monnaie d’échange, la poudre pour des boissons ritualisées (mélangée à de l’eau), et une sorte de pâte pour les soins médicaux. C’est après la colonisation du Mexique que les espagnols ont ajouté du lait et du sucre pour couvrir l’amertume de la boisson, et la rendre ainsi populaire.

Concrètement, d’où viennent les fèves de cacao ?

Les graines de cacao sont enfermées dans les cabosses qui sont les fruits du cacaoyer et poussent directement sur le tronc de l’arbre. Un cacaoyer adulte mesure une dizaine de mètres et a besoin de l’ombre de plus grands arbres ou des bananiers pour se protéger du soleil direct. Une cabosse contient environ 30 graines entourées d’une pulpe blanche visqueuse.  Lorsque les fruits sont mûrs, la couleur de la cabosse vire au jaune. C’est le moment de récolter ! En Equateur, les cacaoyers produisent des fruits toute l’année.

Et ensuite, comment cela se passe ? cueillette, écabossage, fermentation, séchage et broyage…

Pour transformer ces fèves en chocolat, il faut passer par plusieurs  étapes. Marta me les a rapidement expliquées en espagnol, mais j’ai eu plus d’explications techniques sur le process lorsque je suis allée au musée Inti Nan à Quito au Mittad del Mundo. Les voici en mots et en photos !

Etape 1 : Cueillir les cabosses quand elles sont à maturation et ont une couleur jaune.

Etape 2 : Procéder à l’écabossage, c’est-à-dire l’extraction des graines du fruit (les fèves), en coupant la cabosse en deux.

Etape 3 : Placer les fèves sous des feuilles de bananier où elles fermentent durant une semaine afin de réduire l’amertume et de développer les arômes.

Etape 4 : Sécher les fèves au soleil pour réduire le taux d’humidité.

Etape 5 : Torréfier les fèves, comme le café, pour augmenter les arômes

Etape 6 : Brasser énergiquement les fèves pour les séparer de leur enveloppe. Un peu comme pour enlever la peau de cachuètes…

Etape 7 : Moudre les fèves débarrassées de leur peau

Etape 8 : Ajouter du sucre à la poudre de cacao sur le feu

Etape 9 : Ajouter de l’eau au mélange cacao – sucre et laisser épaissir sur le feu

Etape 10 : Cueillir des bananes, les couper en morceaux et les arroser de chocolat chaud !

Etape 11 : Vous régaler, sans mauvaise conscience, parce que le chocolat est bourré de minéraux et possède de nombreuses vertus thérapeutiques !

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