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La tête dans le brouillard à Sapa au nord Vietnam

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Hasard et bonheur des rencontres durant un voyage…

Ou comment je suis arrivée à Sapa, alors que j’étais un peu dans le brouillard, dans tous les sens du terme…

Il faut revenir aux jours précédents, un soir pluvieux où j’avais besoin de me remonter le moral à Hoi An, après neuf mois de voyage en solo et de mauvaises nouvelles de France… J’avais alors décidé d’aller dîner dans un restaurant français “Chez Marcel” et de m’attabler devant un bon steack-frites et un verre de vin ! Des valeurs sûres qui marchent à tous les coups… William, le patron français du restaurant, discute avec moi et me demande où je pense aller les jours suivants. Lorsque je lui dis que je pars à Sapa, que j’aimerais y faire un trek et passer un ou deux jours chez l’habitant, il me parle d’un autre français Olivier, ancien guide à Sapa durant onze ans. Depuis 6 ans, il s’est marié avec une femme de l’ethnie “Dao rouge” et vit au-dessus du village de Ta Phin (18 kms de Sapa). Il a deux chambres dans lesquelles il reçoit les voyageurs intéressés par la découverte des lieux et la culture des habitants Hmong et Dao.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je prends contact avec Olivier (tsen-ang@hotmail.com) et conviens avec lui d’un rendez-vous à Sapa quelques jours plus tard.

J’atteins Sapa après 7 heures de route en bus de jour depuis Hanoï.

Arrivée au terminal de bus de Sapa en milieu d’après-midi où les touristes sont assaillis par les femmes Hmong qui proposent des chambres dans leur habitation et vendent leurs productions artisanales.

Cette pression me stresse et m’énerve un peu et je suis bien contente d’avoir réservé ma première nuit dans une guesthouse, comme je le fais toujours lorsque j’arrive dans un endroit inconnu.

Je prends donc une moto-taxi qui m’amène jusqu’à la délicieuse guesthouse Botanic Sapa où je suis accueillie par Van, son mari Minh et leur petite fille “baby Minh”.

Il fait beau mais froid, et le thé à la cannelle et au gingembre offert par Van est le bienvenu. J’apprécierai tout autant le lendemain ses délicieuses “banana-pancakes”. 

Je pars dans la soirée me balader dans Sapa, ancienne station climatique fondée par les Français dans les années 1920. C’est aujourd’hui devenu une usine à touristes, style station de sport d’hiver, où les femmes Hmong, en costume noir,  et quelques femmes Dao en costume coloré sollicitent incessament les visiteurs. Avec gentillesse et sourire certes, mais c’est quand même pesant… 

La nuit tombe tôt, il bruine et il fait froid…

Ma première impression de Sapa est un peu décevante, mais je sais par expérience qu’il ne faut pas se fier à son premier ressenti lorsque l’on arrive de nuit et sous la pluie dans un nouvel environnement. Je verrai sûrement Sapa d’un meilleur oeil après une bonne nuit… Le lendemain de mon arrivée, Sapa a la tête dans le brouillard, et moi aussi du coup ! On m’avait prévenue que Sapa située à 1650 mètres d’altitude était souvent dans la brume. Je confirme…  Je me demande si ça vaut le coup de partir faire un trek avec ce temps-là. Van me rassure et me dit qu’on annonce du beau temps pour les 2 jours à venir.

En attendant mon départ, je profite de l’atmosphère embrumée et étrange pour me balader. Cette atmosphère rend les femmes Hmong et Dao encore plus belles. Elles viennent des villages environnants pour vendre leur production de sacs, bracelets et petits vêtements brodés-main, et vous sollicitent avec le sourire à tous les coins de rue. Cela me fait froid dans le dos de voir leurs bébés exposés à cette brume et à une petite pluie froide toute la journée. J’avais envie de prendre tout leur stock et de leur dire de rentrer chez elle mettre leurs enfants au chaud !

Comment reconnaître les ethnies Hmông et Dao ?

Les Hmông sont originaires des régions montagneuses du sud de la Chine (région du Guizhou) d’où ils ont été chassés parce qu’ils n’acceptaient pas la sinisation. Ils se sont réfugiés dans des endroits reculés et difficilement accessibles où ils ont été traqués par les Laotiens et les Vietnamiens, pour avoir aider les français pendant la guerre d’Indochine, puis les américains, pendant la guerre du Vietnam. On les appelle aussi les “Miao”, ce qui signifie « riz cru » et désigne les populations nomades peu intégrées. Il existe de nombreux groupes de Hmông qui se différencient par la couleur de leurs costumes et par leurs coiffures. Le vêtement féminin comprend une jupe noire qui arrive sous les genoux, une chemise avec des manches longues et larges, un plastron sur le dos, un tablier qui recouvre la jupe et une ceinture en tissu. Elles portent également des jambières. Les femmes aiment beaucoup les bijoux et arborent d’imposants colliers, bracelets et boucles d’oreilles. Les Hmong blancs ont des jupes teintes en tissu écru alors que l’indigo est adopté par les Hmong fleuris, verts ou noirs. Question coiffure, les Hmong blancs se rasent sur le pourtour de la tête, conservent une touffe au sommet du crâne et portent un turban large. Les Hmong fleuries enroulent leurs cheveux et les jeunes Hmong verts les laissent tomber librement sur les épaules. Les hommes sont généralement vêtus d’une veste et d’un pantalon larges.

Les Dao font partie des 54 ethnies reconnues par le gouvernement vietnamien et se compose de plusieurs groupes locaux, dont les Dao rouges.  Les Dao ont émigré de certaines provinces chinoises (Fukien, Guangdong et Guangxi) entre le XIIIè et le XXè siècle et habitent dans les provinces du Nord-Vietnam, autour de Sapa. On retrouve toujours cette ethnie en Chine, Thailande et Laos. Au Vietnam, elle occupe souvent des terres à haute altitude et vit en bons voisinage avec les autres ethnies comme les Hmong, Tay, Thaï, Muong, Viet, Hoa… On reconnait les femmes Dao par leur tenue traditionnelle brodée par leurs soins qui se caractérise par un pantalon et une longue tunique fendue sur le devant et serrée à la taille par une ceinture. Les jambières complètent la tenue, ainsi qu’un turban volumineux de couleur rouge et des bijoux en argent ou en bronze. Lorsque les femmes Dao travaillent, elles échangent ce turban par un foulard rouge bordé de blanc et noué sur les dessus de la tête. Les hommes quant à eux ont adopté un style plus occidental et portent souvent un pantalon en cotonnade teinté à l’indigo et noué à la taille à l’aide d’une large ceinture.

Infos pratiques avant de découvrir Sapa et ses environs…

Pourquoi aller à Sapa ? 

  • Pour voir les magnifiques rizières en terrasses
  • Pour rencontrer les minorités ethniques Hmong et Dao
  • Pour faire un trek de deux ou trois jours et vivre chez l’habitant

Comment y aller ? 

Il existe différentes solutions de transport pour rejoindre la ville de Sapa située dans le nord du Vietnam, à 35 kms de la frontière chinoise, depuis Hué d’où je pars.

  • Le train de nuit, départ 21 h – arrivée 5h30, dans un compartiment de 4 couchettes mixtes (horaires et prix à vérifier sur le site de Vietnam Railways.)
  • Les bus qui constituent une solution très utilisée et moins chère. Vous pouvez prendre un bus-couchette de nuit, avec un départ à 20 h et environ 6 h de route, ou un bus express de jour, avec un départ à 7h30 et 7 h de route. J’ai choisi cette dernière solution pour voir le paysage, d’autant que c’est un sleeping-bus très confortable avec des sièges couchettes et toilettes à bord (horaires et prix à vérifier sur le site de Sapa-express.)

Quand y aller ?

  • Les conditions météoPour bénéficier des meilleures conditions méteo et du paysage optimal, les meilleurs mois sont août, septembre voire octobreEn mars, avril, mai, c’est la saison sèche, meilleure saison pour randonner, mais vous ne verrez pas les célèbres paysages des rizières verdoyantes puisque c’est le moment où l’on plante le riz. C’est la saison où j’y étais. En juin et juillet, il fait très chaud, il pleut beaucoup et les paysages sont bien verts. En août, les températures ont tendance à redescendre un peu, les rizières sont encore bien vertes et il pleut moins. En septembre, le paysage commence à changer tout en restant magnifique avec les rizières qui se teintent de jaune et les récoltes qui commencent. A partir de novembre, il commence à y avoir vraiment moins de riz, le temps se couvre et on sent le froid de l’hiver qui se poursuit jusqu’à février.
  • Le cycle de récolte du riz. Sur les versants des montagnes, les cultures en terrasse s’échelonnent à perte de vue et les rizières changent de couleur en fonction de la saison. Elles passent d’un dégradé de verts à la couleur jaune, puis enfin à la couleur ocre de la terre gorgée d’eau. L’activité dans les rizières varie également selon les saisons. A partir de fin mai, on herse les rizières, puis on sème le riz, et enfin on le récolte en août et septembre.
  • les jours de marchéA Sapa, vous trouverez tous les produits alimentaires, mais aussi de nombreux tissus, vêtements et bijoux des minorités. Le marché de Sapa a lieu toujours les jours, mais est plus important le samedi matin. Il existe de nombreux autres marchés plus traditionnels dans la région. Pour savoir quand les visiter, consultez le site de l’office de tourisme de Sapa.

La météo est devenue plus clémente et il est maintenant temps de partir à la rencontre de la famille d’Olivier dans la région de Ta Phin. Je suis très excitée mais aussi un peu stressée à l’idée de faire ce trek et de partir seule dans une famille Dao

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