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Une rencontre très piquante en Amazonie équatorienne !

par | 7 Fév 2017 | Amérique du sud, Destinations, Equateur | 0 commentaires

Je pensais n’aller en Amazonie que lorsque je serai au Brésil, mais j’ai quand même profité de mon voyage en Equateur pour franchir les portes de l’Amazonie équatorienne… Sur les conseils d’Alain, guide français installé en Equateur depuis de longues années qui accueille les touristes avec Vanesa sa femme dans leur maison d’hôtes à Quito,  je prends la direction de Tena, ville portuaire sur les bords du Napo, un affluent de l’Amazonie. Là m’attend une pirogue pour m’amener dans un petit lodge traditionnel “le Sacha Sisa Lodge“, tenu par Juan et Lucia, le long du fleuve.

A mon arrivée le soir, Juan me propose de me joindre à la communauté quechua du village pour participer à une fête donnée pour le baptême de plusieurs enfants le matin même. Je suis fatiguée, il fait très chaud et très humide, mais c’est évidemment très tentant ! Je n’étais pas au bout de mes surprises…

La première surprise, c’est le trajet pour se rendre à la fête : il faut traverser le fleuve en pirogue pour se rendre dans le village, puis marcher dans la jungle pendant une heure. Quand je pense au retour par le même chemin en pleine nuit, ça me stresse un petit peu…

Deuxième surprise, il y a des fêtes organisées un peu partout dans le village à l’occasion de ces baptêmes dans différentes familles. Des musiques discordantes s’échappent à fond des hauts-parleurs de nombreuses maisons. J’arrive enfin sous un chapiteau proche de la maison où se déroule la fête à laquelle je suis invitée et suis présentée à l’entourage. Les femmes m’invitent à leur table pour déchiqueter et manger à main nue des poulets, du riz et des bananes plantains bien mûres, après un bol de soupe bien entendu ! Les bouteilles de bière se succèdent et passent de bouche en bouche pour que chacun en boive une gorgée. Puis, la bière est suivie de verres de chicha de yuca, un alcool fort, local et fabriqué à base de yuca, une espèce de manioc. Et cela n’arrête pas ! Il est alors temps de “bailar”, c’est à dire danser au rythme de musiques quechua assez répétitives. Les hommes de tous âges et de tous niveaux d’alcoolémie m’invitent en rigolant. Je décide de faire une pause et m’assieds à côté de Juan, le propriétaire du lodge pour discuter. C’est alors, qu’une douleur très forte me prend au niveau de l’épaule droite et me coupe le souffle. Je découvre mon épaule et Juan comprend tout de suite, face à l’importante inflammation rouge et au gonflement des tissus que je me suis fait piquer par une fourmi “conga”, d’environ 3 centimètres.

On compare la piqûre de cette fourmi à l’impact d’une balle de fusil. C’est très douloureux, ankylosant, peut être dangereux et donne une fièvre très forte (+ de 40°) pendant huit jours. Certaine tribus en Amazonie se servent de cette fourmi pour imposer aux jeunes garçons des rituels de passage à l’âge adulte. J’ai trouvé cette vidéo de Arte consacrée à cette fourmi et à ce rituel.

Juan part en courant chercher une trousse de secours dans son sac et ramène des pompes pour aspirer le venin. Il fait comme les Shadoks et pompe, pompe, pompe pendant longtemps dans mon épaule jusqu’à ce qu’il aspire du sang et récupère ainsi le venin. Je suis un peu sonnée, mon épaule est comme anesthésiée et j’ai du mal à la bouger. Juan me fait alors ramener par un membre de la famille avec lequel je fais le trajet inverse… marche dans la jungle puis pirogue dans le noir absolu. De retour dans ma chambre, je prends un anti-allergique, un antalgique et me passe une pommade post-piqûres d’insecte. Le lendemain, je suis un peu fébrile et douloureuse, mais je pars quand même avec Carlos un guide pour une randonnée de 5 heures dans la selva (jungle). Il y a peu d’animaux à cet endroit, mais Carlos me fait découvrir la vie dans la jungle, les plantes médicinales et me fait jouer à Jane, accrochée à une liane. Jane n’a rien à craindre… je n’étais vraiment pas à la hauteur ! J’y retrouve également Marta, la mère de Juan rencontrée à la fête la veille, qui me parle des traditions quechua et me montre comment l’on confectionne le chocolat et la chicha de yuca, l’alcool local.

Je repars de ces deux journées en Amazonie, piquée par une fourmi conga et criblée de piqûres de moustiques invisibles, mais heureuse d’avoir rencontré et partagé du temps avec la communauté quechua.

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